03.01.2009
1300: Fédéralisme et antifédéralisme – De l'état minimum à l'état maximum
Lettre OUI à l'EUROPE N° 1300 du 3 janvier 2009
Sélection du Net
Le Taurillon : « Fédéralisme et Antifédéralisme » (François Vergniolle de Chantal) - (« Que sais-je » n°3751).- par Ronan Blaise
Avec les États-Unis (fondés en 1787-1788), il s’agit là d’étudier le « fédéralisme historique » incarnant la plus ancienne fédération du monde contemporain. Puisque c’est bien là qu’est concrétement né le fédéralisme moderne, nouveau modèle politique : dans les anciennes colonies américaines fraichement libérées de la tutelle britannique. Ce qui ne s’est néanmoins pas fait sans mal puisque les États-Unis ont dû surmonter une naissance difficile (la crise des « Articles de Confédération », en 1783-1787), une sourde contestation de la part des Etats [1] ainsi qu’une cruelle « guerre civile » portant précisément sur les rapports de préminence et de subordination devant exister entre la fédération et ses États-membres (i. e : la « Guerre de sécession », en 1861-1865). […]
En Europe, la configuration d’un tel débat est radicalement différente de celle qui caractérise les pays (d’immigration) dont on vient brièvement de parler. Car si les Américains, les Australiens et les Canadiens ont fait du fédéralisme leur « mode opératoire » pour créer leurs entités politiques respectives, en revanche c’est une réponse bien différente qui fut apportée à ce questionnement dans les différents pays européens. En effet, là - sur le Vieux Continent - il y a plusieurs siècles, c’est l’État-nation qui s’est implanté.. Et les thèses « fédéralistes » alternatives (pourtant largement présentes dans l’Europe des XVIe et XVIIe siècles…) sont tombées dans l’oubli après les Traités de Westphalie (1648). […]
Le retour du fédéralisme en Europe par l’entremise de la construction européenne moderne pose à nouveau une question politique qui semblait avoir été tranchée et évacuée il y a trois siècles. Ce renouveau de l’interrogation portant sur le fédéralisme s’inscrit dans un contexte et dans des conditions (de traditions nationales et de cultures spécifiques, pour certaines remontant au Moyen-Âge…) qui lui sont - a priori - extrêmement défavorables.[…]
C’est pourquoi les fédéralistes se doivent, pour parvenir à leurs fins - et remédier à ces handicaps - de construire un espace public européen qui transcenderait les identités territoriales. Grâce au parlement européen. Grâce à la citoyenneté européenne. Grâce aux citoyens européens.
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Le Figaro : Rappelez-vous, c'était hier...Par Jean-François Kahn
Qui se souvient, d'ailleurs, qu'il y a deux ans seulement, le qualificatif de « keynésien » constituait, y compris dans les colonnes de la presse « modérée », une gravissime injure ; qu'il y a dix ans, un ministre de gauche du gouvernement Jospin défiscalisait en grande partie les stock-options et que c'est une autre excellence socialiste, Pierre Bérégovoy, qui ouvrit à deux battants les portes de la Bourse aux « produits dérivés » et autres futurs « actifs toxiques » qui ont infesté la planète boursière ; que, devenu depuis gourou élyséen, Alain Minc, dans Lamondialisation heureuse, glorifiait et idéalisait le système dont il stigmatise, aujourd'hui, les perversités et les dérives ; que certains « centristes » recommandaient qu'on constitutionnalisât l'interdiction de tous déficits budgétaires ; que les responsables du Medef, qu'ils officiassent dans l'industrie automobile ou dans la banque, exigeaient que l'État ne se mêle plus des affaires du secteur privé ; que l'actuel président de la République répétait, comme un leitmotiv, qu'il devenait urgent de sortir du « modèle social français » - modèle dont il fait désormais le bouclier qui nous protège d'un cataclysme majeur - pour s'aligner sur la modernité anglo-saxonne… et que l'aile dite « réformatrice » de l'UMP préconisait la généralisation des « fonds de pension » au risque, qu'en cette fin d'année 2008, les retraités aient perdu 40 % de leurs pécules. […]
Hier, l'aspiration à un État minimum, aujourd'hui le recours en catastrophe à un État maximum. Pourquoi cette déclinaison de simples constats, à quoi on pourrait ajouter la pratique d'un capitalisme sauvage par les dictatures communistes chinoises et vietnamiennes ce qui fascinait certains libéraux occidentaux ; ou l'escamotage pur et simple du contrat nouvelles embauches, dont on nous apprend, après l'avoir exalté, qu'il était contraire aux normes du BIT et n'avait eu que des effets d'aubaine ; ou l'aveu, dans un rapport officiel, que la privatisation des autoroutes, c'est-à-dire d'un monopole, en provoquant un renchérissement du prix des péages, avait contribué à la crise qui frappe les sociétés de transports routiers ; ou l'évidence, soudain admise, que l'exonération de charges des heures supplémentaires a plutôt joué contre l'emploi…
16:00 Publié dans Sélection du Net | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : europe, politique, mondialisation


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