02.01.2009

1299: Un monde très dangereux – Une nouvelle doctrine militaire américaine

Lettre  OUI à l'EUROPE  N° 1299 du 2 janvier 2009

Sélection du Net

L'Express : la chronique de Jacques Attali : Le prix des mots - Pour survivre dans la crise, chacun trahit sa parole. Danger!
L'une des principales utilités de la crise actuelle est de révéler au grand jour, à ceux qui auraient pu l'oublier, que nous vivons dans un monde encore barbare, où civilisation, politesse, obéissance à la règle, respect des contrats et de la parole donnée ne forment qu'une mince pellicule, qui peut sauter en un instant si l'exige la survie.
On a vu les banques prendre les prétextes les plus fallacieux pour interrompre des crédits déjà accordés; des agences de notation remettre en question arbitrairement leurs propres conclusions; des hedge funds refuser de rembourser leurs déposants, en violation totale de leurs statuts et des contrats qui les lient à leurs clients; des gestionnaires de fonds de pension utiliser l'épargne des uns pour combler les pertes des autres, en piétinant les textes qui les régissent.
On a vu aussi les banques centrales, dont la mission est de faire respecter, par tous, les règles de contrôle de création monétaire, s'empresser de les contourner elles-mêmes pour, niant leur raison d'être, distribuer des billets de banque en échange de titres à la valeur de plus en plus incertaine […]
Nous entrons alors dans un monde très dangereux. Si la survie conduit chacun à considérer qu'il peut piétiner les contrats privés, les lois et les accords internationaux, tout devient possible, c'est-à-dire le pire: le protectionnisme, le chômage et l'inflation, car la monnaie, première mesure de la validité du contrat social, s'effondrera -si les mots ne valent plus, la monnaie vaut moins encore.Il est donc crucial de ne pas glisser sur cette pente. A un moment où il faudrait progresser vers un Etat de droit planétaire, il faut avant tout que chacun se souvienne que le respect de la parole donnée est la condition de la traversée des tempêtes.

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International Herald Tribune : Changing the U.S. Military
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America must ensure that its military remains strong. But the State Department also must develop more capacity for conflict prevention and for post-conflict reconstruction. We're glad to see that Hillary Rodham Clinton, President-elect Barack Obama's choice for secretary of state, seems determined to bolster the agency's role. We hope that she can depend on Gates for continued support, no matter how tough the budget fights may get.[…]
The Pentagon needs to make smarter uses of technology and not forget about other necessary elements and skills of 21st-century warfare - like adequate postwar planning, sufficient numbers of troops on the ground and better training in dealing with civilian populations. A skilled translator or a civil affairs specialist could help win hearts and minds while a poorly aimed smart bomb that destroys the wrong house would lose them.
Superior technology has been America's great comparative advantage on battlefields around the world for generations. It must continue to be so.The U.S. Army's troubled Future Combat System - a network of ground vehicles, pilotless aircraft and launching systems intended to provide individual soldiers with a real-time satellite view of the entire battlefield - exemplifies the great potential value and some of the potential pitfalls of highly advanced technology.
Conceived before 9/11, it is not primarily a counterinsurgency weapon. But it would give American ground forces enormous advantages in any future battles against a conventionally organized enemy force.

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