12.12.2008

1278: Le plan emploi de Laurent Wauquiez – Gare à la présidence tchèque – General Motors et la fin d'un monde

Lettre  OUI à l'EUROPE  N° 1278 du 12 décembre 2008

Sélection du Net

Le Figaro : «Une loi ne peut pas empêcher les licenciements» - Propos de Laurent Wauquiez, secrétaire d'État à l'Emploi
Il y a plusieurs leviers sur lesquels on peut agir. Il nous faut d'abord apporter des réponses d'urgence : recours facilité au chômage partiel, contrats aidés et insertion par l'activité économique, que je compte renforcer à partir de janvier.Ensuite, poursuivre les réformes structurelles : regroupement ANPE-Assedic au sein de Pôle emploi, réforme en profondeur de la formation professionnelle… Le système est injuste. La formation bénéficie trop peu aux demandeurs d'emplois et aux salariés qui en ont le plus besoin, comme les seniors ; elle est concentrée dans les grandes entreprises et est inéquitablement répartie sur le territoire.
Enfin, il faut réfléchir dès maintenant aux emplois de demain : par exemple, les emplois verts ou les services à la personne, pour lesquels nous présenterons un nouveau plan début 2009. Il faut à tout prix éviter le complexe de la sidérurgie lorraine des années 1980 : être obsédé par les emplois perdus plutôt que de se concentrer sur ceux qu'on pourrait créer. [ … ]
Benoît Hamon, porte-parole du PS, propose de réinstaurer une autorisation administrative de licenciement. Allez-vous le faire ?C'est de la pure démagogie. Une loi ne peut pas empêcher les licenciements.

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Libération : Le péril tchèque à la présidence de l’Europe - Par Alain Duhamel
Il peut y avoir de grands hommes dans des petits pays : durant la guerre, le roi du Danemark s’est montré exemplaire ; le Belge Paul Henri Spaak a joué un rôle éminent dans la naissance de l’Europe. Ce n’est hélas pas le cas du tandem tchèque actuellement au pouvoir : le président de la République, Vaclav Klaus, souverainiste borné, libéral intégriste, authentique thatchérien, est bien déterminé à tout faire pour que la présidence tchèque tourne au cauchemar. Il possède une forte personnalité, parle haut et fort, adore provoquer et fera tout pour compliquer les choses.
Le Premier ministre Mirek Topolanek présidera le Conseil européen. C’est un eurosceptique prudent, en grande difficulté au sein de son propre parlement. Il aimerait que son pays remplisse honorablement sa tâche, la circonstance la plus prestigieuse et la plus périlleuse que la jeune république tchèque ait rencontrée depuis sa naissance. Contrairement à Vaclav Klaus, il n’est pas partisan de la politique du pire et n’a nulle envie d’apparaître comme le fossoyeur des nouvelles espérances européennes. Il manque cependant cruellement d’expérience, d’envergure et d’autorité. [ … ]
L’intronisation de Barack Obama, le 20 janvier, la nouvelle ligne économique et financière qu’il va vouloir proposer heureusement appelleront une réponse et même une réplique de la part d’une Europe unie et déterminée. Elle ne viendra pas de Prague. Pour cela, il faudra un leader énergique et sans scrupule, Gordon Brown, Nicolas Sarkozy, ou les deux.

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Les Echos : GM, la crise et le XXIe siècle - Eric Le Boucher
General Motors ne meurt pas de la crise financière. Le géant ne succombe pas non plus à la forte hausse du prix du pétrole, au début de cette année, qui a rendu obsolètes ses modèles à 12 litres au cent. Sa déconstruction remonte à plus loin. D'un point de vue industriel, c'est le recours à la sous-traitance généralisée et aux délocalisations qui a démonté les longues chaînes continues du « tout fait maison ». D'un point de vue consommation, les besoins de déplacement sont modifiés radicalement avec l'urbanisation, phénomène mondial. Et, avec l'apparition de technologies informatiques qui permettent de presque tout faire de loin (converser, travailler) : hier utilisées marginalement, elles devraient irrémédiablement se généraliser durant cette crise, à cause des coûts, du temps et du CO2.
La fin de GM et du fordisme ouvre la porte aux nouveautés. Cette crise ne débouchera pas sur un quelconque « retour à... » (l'Etat, la nation, l'impôt, l'autorité, la banque de papa, ajoutons, enfin, le socialisme), mais au contraire sur une remise en cause de toutes les institutions de masse nées du fordisme au profit de plus de liberté, de contestation, d'individualisme. Le talent est gâché à Detroit à ne pas inventer les transports du XXIe siècle, comme dans les banques à faire des « produits »incompréhensibles pour gruger les clients. GM meurt parce qu'il ne savait pas utiliser les intelligences. L'Amérique d'Internet, elle, sait
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