02.11.2008
Concurrence et finance – La crise renforce la mondialisation – Nouvel ordre monétaire ?
La Tribune : Pas de chèque en blanc pour les financiers ! Nelly Kroes, Commissaire européen à la Concurrence.
Ma responsabilité est de m'assurer que l'apport d'argent public aux entreprises en difficulté soit encadré et maîtrisé. Pour éviter que l'argent du contribuable ne confère un avantage injuste aux établissements bancaires, la Commission a publié une liste de recommandations à l'intention des États membres. Les plans de sauvetage des banques sont des aides d'État, car ils impliquent une injection de fonds publics dans des entreprises privées ou des garanties pour celles-ci. Notre recommandation indique que les plans de sauvetage doivent être temporaires et clairement définis; leur étendue doit être limitée et la nationalité ne peut constituer un critère de sélection des bénéficiaires. Les actionnaires ne doivent pas non plus bénéficier du soutien public au détriment des contribuables et recevoir des profits excessifs. [ ... ]
Nous avons déjà approuvé les plans de auvetage de plusieurs banques : Bradford and Bingley, Northern Rock (Royaume Uni),), Roskilde Bank (Danemark), Hypo RE, IKB, Sachsen LB et WestLB (Allemagne). Nous sommes aussi en train de finaliser notre analyse du sauvetage de Fortis en Belgique, au Luxembourg et aux Pays-Bas et de son intégration avec ABN-Amro d'un côté et BNP Paribas de l'autre, et celle du sauvetage de Dexia en Belgique, au Luxembourg et en France. Nous analysons aussi les plans d'une dizaine d'autres pays, y compris la France et l'Allemagne. Après le sauvetage, il faudra passer à la restructuration des banques qui ont bénéficié des soutiens publics.
Le Monde : La crise au secours de la mondialisation - Pierre-Antoine Delhommais
1929 s'était accompagnée d'un vaste mouvement de protectionnisme. Pour tenter de protéger leur industrie, les Américains avaient adopté la loi Hawley-Smoot augmentant les droits de douane à l'importation sur des milliers de marchandises. En représailles, de nombreux pays européens en avaient fait de même, et le commerce mondial s'était effondré. Sur le plan monétaire, la réponse avait été celle du chacun pour soi, avec comme résultat la catastrophe pour tous. Pour l'instant, rien de tel. Au contraire, c'est plutôt le " un pour tous, tous pour un ". [ ... ]
La crise des subprimes a renforcé les liens entre Etats plutôt qu'elle ne les a distendus, chacun ayant pris conscience, de façon très brutale, qu'au fond, " tout le monde se tient ". Que la chute d'un pays fera trébucher tous les autres. Que chacun a besoin de l'autre, soit pour écouler sa production, soit pour financer sa consommation. [ ... ]
Seconde leçon : aux yeux de tous, il est indispensable que les capitaux circulent à nouveau librement et normalement pour faire redémarrer la croissance. Le Vietnam, le Chili et bien d'autres prient pour que les capitaux américains et japonais qui se sont enfuis reviennent au plus vite, afin de financer leur développement. C'est le contraire du grand renfermement. Ce n'est pas le moindre des paradoxes : au lieu de fragiliser la mondialisation, la première grande crise mondiale la renforce.
Contre-Info : Le monde va se détourner du dollar, par Paul Craig Roberts
[La] hausse du dollar n’est que temporaire, et les perspectives de la monnaie US sont plutôt sombres. Le déficit commercial américain se réduira du fait de la baisse des dépenses de consommation durant cette récession, mais il n’en restera pas moins le plus élevé au monde, et les États-Unis ne pourront pas y mettre un terme par l’augmentation de leurs exportations
.[ ... ] L’expression « Surmonter la crise financière » exprime de façon codée pour le reste du monde l’intention de renverser l’hégémonie financière américaine .... .Le 28 Octobre, RIA Novosti a indiqué que le Premier ministre russe Vladimir Poutine avait suggéré à la Chine que leurs deux pays utilisent désormais leurs propres monnaies dans leurs échanges bilatéraux, ce qui permettrait d’éviter l’usage du dollar. M. Wen Jiabao, le premier ministre chinois, a répondu en déclarant que le renforcement de ces relations bilatérales était stratégique.L’Europe a également signifié qu’elle avait l’intention d’exercer un nouveau rôle de chef de file. Quatre membres du G7, la France, la Grande-Bretagne, l’Allemagne et l’Italie, ont réagi à cette crise financière en appelant à de vastes réformes du système financier mondial. Jose Manuel Barroso, président de la Commission européenne, a déclaré qu’un nouveau système financier mondial est possible « si l’Europe y occupe un rôle de leadership. »
08:24 Publié dans Sélection du Net | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : europe, politique


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