26.10.2008

Chimères étatistes et hystéries capitalistes – La tactique de l'étatique

 Le Point : A fond, la Caisse... L'éditorial de Claude Imbert
L'économie de marché date de Mathusalem. La mondialisation en a dévoyé par surchauffe la bonne pratique. Mais le capitalisme, parce qu'on n'a pas trouvé mieux, restera le principe dominant de l'économie mondiale. Seuls quelques intellectuels français vont s'en fâcher. Leur toison d'or, c'est un système d'équarrissage égalitaire qu'ils ont jadis caressé avec le communisme et son édifiante pénurie de biens et de libertés. Il n'y a qu'en France où un chef d'Etat égaré ait osé renvoyer dos à dos libéralisme et communisme : dans le « détail » de leur différence gisent 100 millions de cadavres...
Changer de système, c'est une obsession française qui exonère à bon compte les fautes des hommes. [ ... ]
Dans la crise actuelle, le recours nécessaire aux garanties des Etats contre les folies du capitalisme financier inspire-t-il aux songe-creux la chimère d'un système où l'Etat régenterait, avant de la ruiner, toute la machinerie nationale. Le modèle français plombé par la dépense et la dette publiques, modèle devenu repoussoir européen, ne ressuscitera pas sous le prétexte qu'à l'autre extrême on ait à soigner l'hystérie de la finance.L'hystérie est un vice d'époque. C'est partout l'emballement vers les extrêmes, vers le paroxysme. Hystéries du bruit, de la vitesse. Hystérie du numérique. Et, dans la grande déchargemédiatique, hystéries de la dérision et du zapping. Toutes portent l'oubli de la décence et du juste milieu. Toutes interdisent cette sagesse qui ne s'épanouit que dans l'amour du présent où les secondes sont d'éternité. Partout, on veut des croissances à deux chiffres, des profits d'usuriers tout le temps et tout de suite...

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Libération : La tactique de l’étatique - Antoine Guiral et Christian Losson
A Annecy, Nicolas Sarkozy, a évoqué le «destin», parlé des «circonstances exceptionnelles» chères à de Gaulle et prophétisé l’avènement d’«un nouveau monde»… dont il se voit, à l’évidence, comme l’un des inspirateurs, sinon des maîtres. Son credo : seuls la politique et le volontarisme peuvent sortir le monde de la crise dans laquelle «l’autorégulation», «la libre concurrence», «la dictature des marchés» et les «experts» l’ont plongé. [ ... ]
Du Keynes à la sauce gaullo-pompidolienne ? «C’est une politique de relance par l’investissement, donc c’est cohérent avec la pratique keynésienne», applaudit Jean-Paul Fitoussi, président de l’OFCE. «C’est surtout une politique homéopathique pour occuper le terrain, comme le faisait De Gaulle quand il brocardait les gnomes de Zurich ou Chirac fustigeant la mondialisation à visage inhumain», s’agace Dominique Plihon, président du conseil scientifique d’Attac. [ ... ]
Sarko, à la faveur de la crise financière qui se double d’une débâcle intellectuelle à gauche, promeut une économie mixte où l’Etat ne fait plus semblant d’avoir un rôle à jouer à l’échelle industrielle nationale comme européenne…» Voire. Car pour l’heure, l’activisme sarkozyen pour «un gouvernement économique de l’Europe» se heurte à une hostilité de plus en plus ouverte des partenaires européens.

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