08.10.2008

Un nouveau Bretton-Woods – Trop de banquiers et trop payés

 Le Monde : Un nouveau Bretton Woods - Christian de BoissieuJ et Jean-Hervé Lorenzi
Une telle conférence est urgente. Elle devrait renforcer les pouvoirs du FMI. [ ... ]
Un Bretton Woods financier aurait donc l'avantage, en réunissant d'emblée et de plain-pied tout le monde, d'envoyer le signal de la rupture, tant sur la nature des relations entre la finance et l'économie réelle que de la réalité des nouveaux rapports de force internationaux.
Cette conférence financière mondiale, convoquée très rapidement, aurait deux tâches principales. D'abord, elle doit permettre de mettre en perspective et en cohérence un certain nombre de recommandations éparses suggérées par la crise financière : meilleur onctionnement des agences de notation, élargissement du périmètre de la réglementation prudentielle, ajustement des normes comptables internationales, accord sur des règles du jeu appliquées par les fonds souverains, amélioration du contrôle interne et de la supervision externe des institutions financières, etc. [ ... ]
Par son histoire et sa culture, l'Europe doit être en flèche dans la mise en oeuvre d'une réelle gouvernance bancaire et financière mondiale. Elle est aujourd'hui la victime des désordres d'outre-Atlantique. Elle est majeure dans l'équilibre économique mondial à venir. C'est à elle de prendre l'initiative de ce nouveau Bretton Woods, dont elle sortira plus unie et plus renforcée.

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Libération : Trop de banquiers ? Par Esther Duflo, économiste, et professeure au Massachusetts Institute of Technology
Une étude sur les diplômés de Harvard montre que ceux qui travaillent dans la finance gagnent presque trois fois plus que les autres. La tentation, pour un jeune talentueux, de travailler dans ce secteur est énorme : 15 % des diplômés de Harvard de l’année 1990 travaillent dans la finance, contre 5 % en 1975. [ ... ]
Ce que la crise révèle de manière brutale (et coûteuse) est que toute cette intelligence n’est pas employée de manière particulièrement productive. Certes, il faut un secteur financier pour faire l’intermédiaire entre les entrepreneurs et les épargnants. Mais le secteur semble avoir pris une existence quasi autonome, sans lien étroit avec les besoins de financement de l’économie réelle. Philippon calcule que le secteur financier, qui avec 8 % du PIB en 2006, est probablement au moins 2 % au-dessus de la taille requise pour cette médiation. Pire, la crise des subprimes est liée au fait que ce sont les besoins du marché financier (l’insatiable demande des banques pour les fameuses Mortgage Backed Securities) qui ont conduit à un des taux d’emprunt excessif et à une bulle immobilière. Vu des Etats-Unis, le spectacle de ces derniers jours donne envie d’envoyer les banquiers aux champs. De façon plus pragmatique, la disparition de leurs gains exorbitants encouragerait les jeunes générations à se lancer dans d’autres entreprises où leur énergie créatrice serait mise à profit de manière plus utile pour la société.

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